Rhume : symptômes et traitements
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Rhume : symptômes et traitements

Publié par topclinique topclinique   | Il ya 6 mois   | 83

Le rhume est une infection très fréquente du nez (ou plus précisément des fosses nasales) et de la gorge, causée par un virus. Aussi appelé rhinite virale ou aiguë, il provoque un mal de gorge, des éternuements, une sensation de nez bouché (congestion nasale) et un écoulement nasal. La durée des symptômes est souvent plus longue que ce qui est couramment véhiculé. La durée médiane était de 11 jours dans une étude de 346 adultes avec un rhume banal non compliqué59.

Le rhume est causé le plus souvent par les rhinovirus, qui font partie de la famille des picornavirus, qui présentent plus de 100 sérotypes différents.

Le corps rencontre et neutralise des virus du rhume plusieurs fois par an. Lorsqu’un rhume apparaît, c’est que le système immunitaire n’a pas réussi à empêcher l’infection par le virus.

Le rhume touche surtout les jeunes enfants puisque leur système immunitaire est en développement et qu’ils entrent plus souvent en contact avec les virus qui causent la maladie.

 

Rhume ou grippe?

En cas de grippe, on se sent particulièrement « patraque », et tout le corps en ressent des effets : grande fatigue, douleurs musculaires, fièvre, maux de tête, etc.

Quant au rhume, il se traduit par des symptômes plus « légers » :
- le nez coule assez abondamment ;
- la fièvre et les maux de tête sont moins intenses et plus rares ;
- les douleurs, la fatigue et la faiblesse sont peu importantes.

Prévalence

Des enquêtes60 ont révélé qu’un enfant normal peut avoir de 6 à 10 épisodes de rhume par année. Les adultes en ont de deux à quatre. Lors de chaque rhume, l’organisme développe une immunité contre le virus particulier qui a causé l’épisode en question. Avec le temps, le corps acquiert une immunité contre plusieurs des virus qui causent le rhume.

Dès l’arrivée de l’automne et jusqu’à la fin du printemps, les rhumes sont plus fréquents. On passe alors plus de temps à l’intérieur, ce qui contribue à la contagion. Aussi, durant l’hiver, l’air est généralement plus sec dans les maisons, ce qui assèche les muqueuses du nez. Celles-ci deviennent moins efficaces pour lutter contre les virus et empêcher l’apparition d’un rhume. Dans les pays du Sud, les rhumes sont plus fréquents durant la saison des pluies.

Contagion

Le rhume est une maladie contagieuse. Pour pouvoir provoquer un rhume, les virus du rhume doivent d’abord se fixer sur les muqueuses de notre nez, de nos yeux ou de notre bouche. Contrairement à la peau, les muqueuses ne forment pas une barrière très étanche contre les microbes. Les virus peuvent atteindre les muqueuses si l’on inhale de fines gouttelettes contaminées, émises par exemple lorsqu’une personne qui a le rhume tousse ou éternue.

Le rhume peut aussi se propager par le contact des mains avec une personne infectée ou un objet contaminé (des verres, des ustensiles, des jouets, etc.), lorsque les mains sont ensuite portées à la bouche, au nez ou aux yeux. Le virus peut survivre jusqu’à 7 jours sur des surfaces inanimées et sèches. La période d’incubation est très courte, varie d’une douzaine d’heures (rhinovirus) à quelques jours.

Complications possibles

Le rhume en soi n’entraîne pas de complications. Cependant, il fragilise les muqueuses, qui peuvent être « colonisées » secondairement par des bactéries. On parle alors de surinfection bactérienne. Les signes de la surinfection bactérienne au niveau des sinus sont un écoulement nasal épaissi et la prolongation des symptômes sur plusieurs semaines. Les bactéries peuvent également causer d’autres affections à la suite d’un rhume. Ainsi, chez les enfants, la complication la plus fréquente est l'otite moyenne. Un rhume persistant peut aussi favoriser l’apparition d’une sinusite, une pharyngite, une bronchite et même, rarement, une pneumonie. Il peut également réactiver le virus de l'herpès simplex, qui cause l’herpès labial et l’herpès génital, en affaiblissant l’organisme.

Quand consulter un médecin?

Généralement, il n’est pas nécessaire de consulter un médecin en cas de simple rhume. Dans la majorité des cas, les symptômes disparaissent d’eux-mêmes en 1 semaine environ.

Cependant, en présence de l’un ou l’autre des symptômes suivants, qui sont le signe d’unecomplication (otite, sinusite, etc.) ou d’un problème de santé plus grave que le rhume, il vaut mieux consulter un médecin.

  • Des symptômes intenses qui atteignent tout l’organisme. Par exemple, une fièvre de 39,5 ºC (103  F) ou plus, des frissons ou des sueurs, des maux de tête ;
  • Des sécrétions nasales qui persistent plus de 10 jours, qui deviennent parfois jaunâtres et plus épaisses ;
  • Des douleurs persistantes à une oreille, l’apparition d’une conjonctivite ou des douleurs intenses au visage ou au front (sinusite) ;
  • Une toux qui persiste plus de 7 jours après la disparition des autres symptômes ;
  • Chez l’enfant : des pleurs persistants ou une respiration très rapide; les lèvres bleues ;
  • Chez l’enfant, une toux si grave qu’il s’étouffe ou vomit ;
  • Une respiration sifflante ;
  • La survenue d’un rhume chez un bébé de moins de 4 mois, car il existe un risque d’insuffisance respiratoire.​

Symptômes et facteurs de risque du rhume

Symptômes

  •  Un mal de gorge, qui est généralement le tout premier symptôme ;
  • Des éternuements et une congestion nasale ;
  • Un écoulement nasal (rhinorrhée) nécessitant de se moucher souvent. Les sécrétions sont plutôt claires ;
  • Une légère fatigue ;
  • Les yeux larmoyants ;
  • De légers maux de tête ;
  • Parfois, une toux ;
  • Parfois, un peu de fièvre (environ un degré au-dessus de la normale) ;
  • Une respiration sifflante chez les enfants qui font de l’asthme.

Personnes à risque 

  •  Les jeunes enfants : la plupart des enfants ont un premier rhume avant l'âge de 1 an et demeurent particulièrement vulnérables jusqu'à ce qu'ils aient 6 ans, en raison de l'immaturité de leur système immunitaire. Le fait qu’ils soient en contact avec d’autres enfants (à la maternelle, à la garderie ou à la crèche) augmente aussi leur risque d’attraper le rhume. Avec l’âge, les rhumes deviennent moins fréquents.
  • Les personnes dont le système immunitaire est affaibli par un médicament ou une maladie. En outre, les symptômes sont plus prononcés chez ces personnes.

Facteurs de risque

  • Le stress. Une méta-analyse de 27 études prospectives a confirmé que le stress était un facteur de risque très significatif61.
  • Le tabagisme. La cigarette produit un effet irritant local au niveau des voies respiratoires qui diminue les défenses locales et affaiblit le système immunitaire62.
  • Un voyage récent en avion est un facteur de risque possible. Un questionnaire a été administré à 1100 passagers de vols entre San Francisco et Denver, au Colorado. Une personne sur 5, 20%, a déclaré avoir été enrhumée dans les 5 à 7 jours après le vol. La recirculation ou pas de l’air dans la cabine était sans effet sur l’incidence du rhume63.
  • Pratiquer des exercices physiques intenses. Les athlètes qui s’entraînent de manière excessive seraient plus sujets au rhume.

La prévention du rhume

Mesures préventives de base

Mesures d'hygiène

  • Se laver régulièrement les mains et apprendre aux enfants à en faire autant. Il s’agit du principal moyen de prévenir le rhume.
  • Ne pas partager les objets personnels (verre, vaisselle, gant de toilette, etc.) d’une personne enrhumée et éviter de se trouver trop proche d’elle.
  • Ne pas porter ses mains au visage.
  • Se couvrir la bouche et le nez d’un mouchoir lorsqu'on tousse ou éternue, ou tousser dans le creux de son coude.
  • Si possible, rester à la maison lorsqu’on est malade pour ne pas contaminer les autres.

Hygiène des mains

 

Habitudes de vie

Pour avoir une bonne résistance aux infections :

  • faire de l'exercice et avoir une bonne alimentation sont des facteurs primordiaux. 
  • dormir suffisamment ;
  • ne pas fumer. Le tabac irrite les voies respiratoires et augmente le risque d’infection et de complications liées au rhume ;
  • contrôler son stress. En période de stress, être attentif et prendre diverses mesures pour se détendre (moments de relaxation, repos, diminution des activités en cas de surmenage, sports, etc.).

Mesures pour prévenir les complications

  • Porter une attention particulière à la prévention du rhume, en étant très vigilant sur les mesures de base décrites ci-dessus ;
  • Se moucher régulièrement, toujours une narine après l’autre, avec des mouchoirs jetables pour évacuer les sécrétions ;
  • Se laver les fosses nasales avec une solution saline introduite dans les narines.

Les traitements médicaux du rhume

Dans la majorité des cas, le rhume disparaît spontanément. Aucun traitement ne permet de se débarrasser plus rapidement du virus. En fait, le traitement vise essentiellement à rendre le rhume moins pénible en soulageant les symptômes : mal de gorge, mal de tête, congestion nasale. Comme le rhume est causé par un virus et non par une bactérie, les antibiotiques sont sans effet. De plus, aucun vaccin n'existe pour prévenir le rhume puisque, contrairement à la grippe (causée seulement par quelques sortes de virus), plus de 100 virus peuvent être en cause. Il ne reste plus qu’à laisser le temps faire son oeuvre.

Médicaments

  • Acétaminophène (Tylénol®, Tempra®, Acet®). Ce médicament traite efficacement le mal de tête et la fièvre légère. Il est important de respecter la posologie, puisque l’acétaminophène peut causer des dommages au foie s’il est pris trop fréquemment ou à des doses plus élevées que celles recommandées par le fabricant. Chez les adultes, la dose maximale par jour est de 4 g. Chez les enfants, la dose varie selon leur poids.
  • Les anti-inflammatoires, comme l’ibuprofène (Advil) ou le naproxène (Aleve), peuvent aussi être employés pour soulager la douleur et la fièvre.
  • L’aspirine (acide acétylsalicylique) est contre-indiquée chez les enfants : elle peut causer lesyndrome de Reye, une maladie grave.
  • Décongestionnants. Les décongestionnants sous forme de vaporisateurs nasaux (Dristan®, Otrivin®) sont déconseillés chez les enfants, en raison de leur faible efficacité et de leurs effets indésirables. Chez les adolescents et les adultes, ils peuvent être employés durant une période maximale de 3 jours. Un usage prolongé peut irriter les muqueuses fragiles du nez et provoquer une inflammation chronique. Les décongestionnants pris par voie orale occasionnent moins de problèmes. À titre de décongestionnant, on peut aussi simplement utiliser une solution saline par inhalation (voir l’encadré ci-dessous). Pour soulager l’écoulement nasal clair, on peut utiliser l’ipratropium en vaporisation nasale (Atrovent nasal), qui a un effet asséchant, mais qui n’a pas d’effet décongestionnant.
  • Médicaments contre le rhume. De nombreuses marques proposent des médicaments contre le rhume, qui associent généralement un antidouleur de type ibuprofène ou acétaminophène, qui lutte aussi contre la fièvre, et un décongestionnant oral (pseudoéphédrine), parfois sous forme de comprimés jour/nuit. Ces médicaments (Actifed®, Advil rhume et sinus®, Benylin rhume et grippe®…) peuvent soulager les symptômes, mais n’accélèrent pas la guérison et sont déconseillés chez les enfants. Bien respecter le dosage.

Et les sirops contre la toux?

Le rhume s’accompagne parfois d’une toux grasse ou d’une toux sèche. La toux n’est pas mauvaise en soi, au contraire. La toux grasse permet d’expulser les sécrétions. Il n’y a pas de bonne preuve que les sirops contre la toux, qui contiennent par exemple du dextromethorphan ou de la guaiafenesine, soient efficaces.

Quelques soins pour améliorer le confort

Les mesures suivantes sont recommandées par les médecins. Il est préférable de les appliquer dès les premiers signes de rhume ou de refroidissement.

  • Se reposer beaucoup afin de soutenir le système immunitaire.
  • Boire au moins 2 litres d’eau et d’autres boissons par jour pour ne pas se déshydrater (les boissons chaudes, comme les tisanes et la soupe, apportent beaucoup de réconfort).
  • Pour soulager le mal de gorge, se gargariser avec de l’eau salée tiède plusieurs fois par jour.
  • Pour décongestionner le nez (y compris chez les enfants), déposer quelques gouttes d'unesolution saline dans chaque narine.

Pour faciliter l’application, se coucher sur le dos et incliner sa tête vers l’arrière. Il existe également des vaporisateurs qui facilitent l’application. Nettoyer l’intérieur des narines à l’aide d’un écouvillon (coton-tige). Mettre de nouveau quelques gouttes de solution saline dans chaque narine. Se moucher ou, dans le cas d’un jeune enfant, aspirer le mucus à l’aide d’une poire nasale.

Cette technique pourrait aussi aider à soulager le rhume des foins2.

On trouve facilement des solutions salines en pharmacie (par exemple, Salinex®, Hydrasense®). On peut aussi en préparer une soi-même.

Recette maison de solution saline1
Dissoudre 1/2 c. à thé de sel dans 8 oz (240 ml) d’eau bouillie et refroidie. Il est bien important de respecter cette proportion, sinon on risque d’irriter les muqueuses du nez. Conserver la solution dans une bouteille propre munie d’un compte-gouttes. Refaire une nouvelle solution tous les 3 jours.

- Prendre des douches chaudes ou des bains chauds.

- Rester au chaud, mais ne pas surchauffer la chambre à coucher, ce qui assèche l’air et rend la respiration plus difficile.

- Utiliser un humidificateur au besoin. D’après Santé Canada, il est bon de garder l’humidité des résidences à 50 % durant l'été et à 30 % durant l'hiver (un hygromètre permet de mesurer le taux d’humidité

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d'autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est possible qu'un lien devienne introuvable. Veuillez alors utiliser les outils de recherche pour retrouver l'information désirée.

Bibliographie

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- Pour soulager une irritation de la peau autour des narines, appliquer un peu de gelée de pétrole sur la zone sensible.