Cancer : les mutations génétiques surviendraient des années avant le diagnostic
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Une nouvelle étude menée par un consortium de chercheurs internationaux révèle que les mutations génétiques à l’origine des cancers surviendraient des années voire des décennies avant qu’ils soient diagnostiqués. Une découverte qui pourrait permettre une détection et une prise en charge particulièrement précoces.

Cancer : les mutations génétiques surviendraient des années avant le diagnostic

Pour plus de 30 cancers, nous savons désormais quelles sont les mutations génétiques spécifiques susceptibles de survenir, et quand elles peuvent survenir”. C’est ce que révèlent en substance les résultats d’une recherche de grande ampleur menée par un consortium de chercheurs internationaux dans le cadre du Pan-Cancer Project.

Pendant une dizaine d’années, plus de 1300 scientifiques venant de 37 pays ont travaillé sur les mutations génétiques à l’origine des cancers. Ils sont parvenus à analyser les génomes entiers de 2658 tumeurs, soit 38 types de cancer. Parmi la vingtaine d’études parue le 5 février dans la revue Nature, l’une a permis de “déterminer la chronologie des modifications génomiques pendant le développement du cancer”, explique un communiqué. 

Une découverte aux implications importantes

Nous avons observé que typiquement, les changements au niveau du nombre de chromosomes à l’intérieur des cellules tumorales survenaient tardivement dans l’évolution de la tumeur. Cependant, dans certains cas, notamment le glioblastome multiforme, ces changements pouvaient arriver des décennies avant le diagnostic, explique Stefan Dentro, co-auteur de l’étude. En général, les cellules ne vivent pas longtemps avec un nombre anormal de chromosomes mais curieusement ces cellules y arrivent ; créant possiblement une tumeur qui est détectée plusieurs années plus tard.

Cette découverte pourrait avoir des implications importantes notamment dans la détection et la prise en charge précoces des cancers. “Comprendre parfaitement la progression moléculaire de la maladie constitue le premier pas vers l’identification de cibles pour une détection précoce et peut-être un traitement, affirme Moritz Gerstung, également co-auteur de l’étude. L’observation de nombreuses mutations génétiques présentes des années avant que le cancer ne soit diagnostiqué offre des occasions de détecter des cellules anormales avant qu’elles ne deviennent vraiment malignes.